Gad Elmaleh s'apprête à réaliser son premier long-métrage, « Coco », d'après un des personnages cultes de ses one-man-show. L'humoriste y interprétera le rôle principal aux côtés de Jean Benguigui, Manu Payet et Gérard Depardieu.
APRÈS le triomphe de son dernier spectacle, « Papa est en haut », qu'il prolongera en octobre au palais des Sports de Paris, Gad Elmaleh se lance un nouveau défi. A 37 ans, après vingt films comme acteur, l'humoriste va réaliser et interpréter le rôle principal de son premier long-métrage, « Coco », dont le personnage est issu d'un précédent one-man-show, « la Vie normale ». Cette comédie mettra en scène un self-made-man très bling-bling qui fait dans la démesure au moment d'organiser la bar mitzvah (communion juive) de son fils Samuel.
Début du tournage le 2 juin, pour une sortie en salles le 1er avril 2009. Rencontre avec l'acteur qui avait cartonné dans « Chouchou », de Merzak Allouache, et son producteur, Alain Goldman.
Comment est née l'idée d'adapter à l'écran le personnage de Coco ?
Gad Elmaleh. Comme Chouchou, Coco existait dans la vie. Des Coco, j'en ai rencontré plein ! Je me suis inspiré d'un vrai gars que je connais, un type qui a fait fortune rapidement et qui ne peut pas s'empêcher de flamber pour montrer qu'il a réussi. Comme dans tous les rites de passage et dans toutes les religions, la bar mitzvah, la communion solennelle chez les juifs, est un moment important. C'est le jour où on fait passer l'enfant dans le monde des adultes. Il a une cérémonie religieuse et une fête. Et c'est au cours de cette fête que certains pères veulent absolument s'autocélébrer et se valoriser. Coco, il ferait la même chose pour les 40 ans de sa femme ou son anniversaire de mariage. Là, il veut mettre le paquet. Et, évidemment, son entourage pète les plombs.
« Le succès des " Ch'tis " me booste et me rassure terriblement ! »
Il est totalement dans la démesure et très bling-bling dans son apparence. De bons ressorts comiques ?
Complètement. La démesure, c'est un argument de comédie fabuleux, et c'est très réaliste aussi. C'est d'ailleurs ce que j'ai toujours aimé dans les films de Louis de Funès. Quant à son look, il a réussi dans le high-tech et il veut que ça se voie.
Le public vous réclamait Coco ?
On m'en parlait beaucoup et je trouvais qu'il serait bien au cinéma. De plus, ça me démangeait de le réaliser. J'avais envie d'une comédie qui fasse rire le public comme il rit en assistant à mes spectacles. Le film est le fruit de notre rencontre avec Alain Goldman qui avait produit « XXL », mon deuxième film comme acteur.
Comment avez-vous choisi la distribution ?
Ce sont les acteurs que je considérais comme les meilleurs pour chaque personnage. Pascale Arbillot, pour jouer ma femme, Jean Benguigui, mon ennemi, celui qui veut faire foirer ma bar mitzvah, Manu Payet, le meilleur p'tit feuj qui se la pète, et Gérard Depardieu, dans le rôle d'un cardiologue. J'ai choisi qui j'aimais, pareil pour les techniciens. Caroline Thivel a coécrit avec moi le scénario pour que ce soit une histoire universelle. J'ai surtout bossé sur les gags et les dialogues, elle, sur le récit.
On va penser à « la Vérité si je mens »...
Ça reviendra sans doute. La comparaison ne me fait pas peur. Moi-même, je compare mon film à cet univers-là.
Depuis le succès phénoménal de « Bienvenue chez les Ch'tis », la comédie a le vent en poupe.
Et tant mieux. Si on peut rire de bon coeur sans se poser de questions, c'est super. Quand tu vois « les Ch'tis » ou « le Dîner de cons », tu ne te poses pas de questions. L'émotion et les messages qui peuvent rester après, je veux que ce soit un bonus. Il faut être décomplexé de faire marrer les gens. Moi, le succès des « Ch'tis », ça me booste et ça me rassure terriblement !